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Les entreprises cherchent aujourd’hui des personnes qui s’investissent consciencieusement, sont créatives, ont un bon feeling pour l’humain et les tendances. Des gens qui mettent leur action au service des projets collectifs de l’organisation au lieu de rechercher d’abord leur avantage personnel. Des gens qui sont capables de nourrir attentivement la cohérence de l’ensemble humain. Peut-être votre entreprise a-t-elle ce genre de talents dans ses murs et ne le sait même pas - parce qu’ils passent plus ou moins inaperçus? Qu’en est-il de l’hypersensibilité au travail et dans les organisations de toutes sortes? Comment les managers peuvent-ils la gérer si elle est présente dans leur équipe? Car 15 à 20% des personnes vous entourant au travail sont hypersensibles - et une bonne partie d’entre eux ne le sait même pas. Peut-être en êtes-vous vous-même? Peut-être est-ce la raison pour laquelle vous lisez ces lignes? Que signifie pour les managers eux-mêmes leur propre hypersensibilité? Vous trouverez ci-dessous des informations spécifiques à l’hypersensibilité dans le contexte du travail et le management. Sur l’hypersensibilité en tant que trait de personnalité en général, vous trouverez des informations supplémentaires sur la page suivante: Coaching pour personnes hypersensibles.

Les hypersensibles au travail - leurs principales

particularités

Tout a ses avantages et ses inconvénients. Cela vaut aussi pour l’hypersensibilité. Il s’agit donc de mettre en place un contexte dans lequel les avantages se déploient au maximum tandis que les inconvénients s’estompent. En mettant en place un cadre favorable, les nombreux trésors cachés de l’hypersensibilité deviennent disponibles pour rendre à l’organisation de précieux services. Quelles particuliarités des hypersensibles les entreprises devraient-elles prendre en compte? Comment y répondre de façon à ce que les personnes hypersensibles puissent mettre à la disposition de l’entreprise l’intégralité de leur potentiel personnel? D’intenses perceptions Les hypersensibles peuvent percevoir les humeurs, courants sous-jacents et tendances avant les autres, en particulier lorsque les nuages s’amoncellent. Puisque le traitement des informations et stimulis afférents prend du temps et de l’énergie, il se peut que dans des réunions, ils seront d’abord des observateurs silencieux. Lorsqu’ils considéreront l’environnement comme digne de confiance, ils s’ouvriront davantage. Laissez-leur (ou laissez-vous) du temps et ne vous fiez pas trop à la première impression. Les hypersensibles peuvent d’abord sembler réservés, voire distants et froid. C’est ainsi qu’ils se protègent. Une fois la confiance établie, ils peuvent se montrer avec toutes leurs chaleur et empathie. Il s’avéreront alors souvent être des collégues attentifs, populaires et appréciés des autres. Créativité et intuition - si valorisées par l’environnement Venant des hypersensibles, on peut s’attendre à des propositions et solutions originales. Mais si ces hypersensibles sont aussi des introvertis, il se peut qu’ils ne proposeront leurs idées que s’ils y sont expressément invités. Dan une réunion, des animateurs sagaces prendront donc la précaution d’inviter aussi les silencieux et les discrets à livre leurs opinions. Car celles-ci pourraient être surprenantes par leurs originalité, créativité et anticipations de nombreux facteurs et besoins à considérer. Il serait donc dommage de s’en priver. Les animateurs de réunion devront d’autant plus se montrer ouvert aux contributions des hypersensibles que l’environnement demeurera encore plutôt dévalorisant (“voilà notre coeur d’artichaut”). Conscience professionnelle Voilà une particularité régulièrement associée à l’hypersensibilité - sans doute aussi parce qu’elle est l’un des cinq traits dans le modèle de personnalitße des “Big Five”. Les hypersensibles donnent souvent la priorité à la cause, l’objectif, l’enjeu collectif plutôt qu’à leur propre ego. (Et ils ont généralement peu de sympathie pour ceux qui font l’inverse.) Cette conscience professionnelle peut induire un perfectionnisme, voire un épuisement. Dans ce cas, il est utile qu’une autre personne leur donne le feedback qu’ils en ont fait bien assez. Les employeurs devraient considérer ceci: dans la recherche psychologique, être consciencieux s’avère être la trait qui prédit avec le plus de fiabilité le succès professionnel d’une personne. Un sens aigu des besoins qu’ont les autres favorise la résilience du groupe et de l’organisation, en particulier dans les phases de changement L’évolution a probablement fait surgir l’hypersensibilité dans autant d’espèces animales pour que ces individus détectent les risques, dangers et opportunités de façon précoce en améliorent ainsi la survie du groupe. Les hypersensibles sont souvent les premiers à se rendre compte qu’un groupe part dans une direction erronée ou file un mauvais coton. Ils pourront ainsi avertir les autres à un moment où les défis qui surviennent sont encore faciles à résoudre - si on veut bien les entendre. Ainsi s’accroît la résilience du groupe, de l’équipe ou de l’organisation dans son ensemble. Le danger pour les hypersensibles peut être qu’ils perdent leurs propres besoin de vue. Il faut alors paradoxalement leur rappeler qu’ils en ont, eux aussi, et qu’ils sont en droit de les avoir. Un bon sens de l’écoute favorise la satisfaction des clients et le chiffre d’affaires Les hypersensibles peuvent reconnaître des besoins au-delà de leur propre groupe. Même s’ils sont rarement faits pour les métiers de vente “dure”, ils peuvent intervenir ensuite et saisir les besoins des clients - y compris ceux dont ces clients eux-mêmes ne sont peut-être pas encore conscients. L’avantage: ils peuvent mieux cerner la demande des clients et élaborer avec eux un cahier des charges au plus près des attentes véritables. Cela accroît la réussite des projets, puisque les hypersensibles tendent vers un résultat dans lequel les clients se sentiront compris. Cela se retrouvera ensuite dans le chiffre d’affaires et la bonne réputation de l’entreprise. Plus généralement, les hypersensibles pourront apporter une qualité supplémentaire à tous les métiers requérant des interactions attentives avec d’autres personnes et une certaine empathie, à commencer avec les métiers de soin et de thérapie ou la gestion des ressources humaines. Intégration de différentes perspectives et opinions Les hypersensibles apportent une aptitude devenue trop rare par les temps qui courent. Ils peuvent rester ouverts aux opinions et perspectives multiples des autres et les prendre en considération. Même si critiquer une personne hypersensible peut profondément l’atteindre, leur ego est rarement trop grand pour les empêcher de reconnaître une erreur ou occulter les opinions d’autruit. Il se peut bien que l’hypersensibilité dispose d’un assez bon système immunitaire contre les polarisations simplificatrices. Les tâches qui impliquent de considérer et d’intégrer les points de vue multiples leur vont donc plutôt bien. Planification et aversion aux risques Les hypersensibles sont généralement réservés vis-à-vis de la prise de risques. Cela étant dit, il faut dire que ce sont surtout les risques non planifiés qu’ils évitent. Si on leur laisse le temps et l’occasion de mettre en face des risques et changements une planification qui permette en particulier de les découper en plusieurs étapes, ils iront aussi loin que les autres dans le changement s’il le faut. Les hypersensibles sont souvent de bons planificateurs. Par leur sens de la prévoyance, ils anticipent des éventualités auxquelles les autres ne pensent pas. Il est de bon conseil de confier des tâches de planification à des personnes hypersensibles, ou du moins de veiller à ce que des personnes hypersensibles fassent partie de l’équipe planificatrice. Les répits entre les différentes étapes sont autant de moments utiles pour l’équipe de valider ce qui a été fait jusque-là et décider d’ajustements pertinents. Les méthodes dites “agiles” prévoient de toute façon ces interludes. En particulier, la gestion des risques gagnera en qualité - du moins si la culture d’entreprise (celle qui est effectivement vécue au quotidien, pas celle qui figure dans la communication officiel de l’entreprise) valorise les voix discordantes et ne les discrédite pas en tant qu’”esprits chagrins”. Par exemple, la crise financière qui débuta en 2007 était en premier lieu une crise de la gestion des risques. L’issue montre que ceux qui avertissaient des risques encourus avaient raison. On ne les écouta pas et préféra leur reprocher de vouloir empêcher les gains financiers escomptés. Conflits et compétition Les hypersensibles sont mal à l’aise lorsque la situation ou la culture de l’organisation favorisent la concurrence et donc les conflits d’égocentrismes. Des situations pareillement tendues causent des stimulations nerveuses qui peuvent les paralyser. Une bonne partie de leurs capacités s’en trouve freinée. L’environnement de travail influe beaucoup Pour la plupart des hypersensibles, la tendance aux grands espaces de travail et au “flex office” est une mauvaise nouvelle. (Cet environnement est d’ailleurs inadapté aussi aux introvertis, comme l’écrit Susan Cain dans son classique sur les introvertis, “La Force des Discrets”.) Lorsqu’il y a beaucoup de mouvement et de bruits dans la pièce, ils ne pourront pas bien se fermer aux distractions que cela cause. Une lumière trop forte ou trop froide peut également leur causer des difficultés. Lorsqu’il n’est pas possible de mettre à disposition des pièces plus petites ou individuelles, les entreprises peuvent tout du moins séparer ceux qui travaillent en silence des autres et exiger que les conversations téléphoniques aient lieu en-dehors du bureau collectif. Si une personne hypersensible se sent continûment mal à l’aise dans son environnement de travail, elle devrait en parler à ses supérieurs. Eventuellement il faudra rechercher un nouveau travail plus adéquat. Manque d’estime de soi et de confiance en soi Manquer de confiance en soi et d’estime de soi est très courant parmi les hypersensibles, même si cela tend à s’estomper avec l’âge. Lorsque la personne hypersensitive a trouvé sa voie ou sa place, les choses deviennent nettement plus faciles. Nous vivons dans des sociétés qui tendent encore à considérer comme une faiblesse de ne pas avoir un gros “ego”. On peut même se voir traiter de faible ou subir des harcèlements. L’entreprise peut receler des souffrances silencieuses. Mieux vaut les déceler et les aborder, ne fût-ce que pour des raisons de gestion de la santé, mais aussi tout simplement pour des raisons d’humanité. Et les entreprises bénéficieront davantage des personnes qui se consacrent aux projets et buts de l’organisation que de celles qui utilisent l’entreprise à leurs propres fins individuelles. Besoin de s’isoler de temps en temps, importance des pauses Les personnes hypersensibles ont besoin de pauses pour que leur cerveau puisse traiter les informations et stimuli accumulés. Car si elles arrivent à saturation, elles perdront leur productivité et créativité. Les réunions interminables par exemple sont un bon moyen d’arriver à une telle saturation, même si la personne ne fait qu’écouter. C’est pourquoi les pauses régulières sont importantes et doivent faire partie de l’hygiène de vie des hypersensibles. L’organisation aidera ces personnes en mettant à disposition une pièce ou un espace de tranquillité. Tout est interconnecté - le grand Tout Les hypersensibles observent leur environnement et tentent de le comprendre. Cela veut dire aussi qu’ils observent des interconnexions qui se trouvent au-delà de leur propre poste de travail et qui échappent à d’autres. Cela peut les qualifier pour des postes interdisciplinaires ou des fonctions transversales. Si une personnes hypersensible d’un autre service vous suggère une amélioration, ne vous défendez pas contre une supposée immixtion, car cette personne cherche non pas à nuire ou à remettre en question, mais à être utile aux autres. Les hypersensibles ont souvent un sens profond des interconnexions entre les humains et le monde. En ces temps ou l’on réclame souvent plus de “sens” dans le travail et l’organisation, pourquoi ne pas demander son avis à une personne hypersensible?

L’hypersensibilité est-elle compatible avec des fonctions

managériales?

D’abord les évidences: Il n’existe pas de réponse claire à cette question. Car chaque cas est la rencontre entre un personnalité unique et une situation unique. Et il existe encore très peu de recherche scientifique sur la question. Une personne hypersensible qui crée une organisation et la dirige peut ainsi lui donner une empreinte très personnelle et s’y sentir bien et s’y développer pleinement. En revanche, le management en position de “sandwich” entre la direction et le personnel peut être difficile à vivre. Car il faut gérer des exigences et des besoins en partie contradictoires provenant des deux côtés. Les hypersensibles ont souvent un besoin inné d’équilibre et de conciliation dans leur contexte humain, alors qu’en position de management, ils peuvent se retrouver face à des positions incompatibles et même irréconciliables. Ils doivent par exemple appliquer des “ordres d’en haut” qu’ils peuvent percevoir comme iniques ou dont ils voient le coût humain. Cela peut profondément les accabler. Peut-être la règle concernant l’enfance vaut-elle ici aussi, qui dit que les hypersensibles peuvent s’épanouir plus que d’autres dans un environnement positif et stable, mais être affectés plus que les autres dans un contexte qui véhicule beaucoup de stress négatif et de conflits. (“Vantage Sensitivity”) Un manager hypersensible apporte de bonnes aptitudes pour un contexte qui est assez stable et dans lequel les relations humaines sont importantes et valorisées. Ce sont là des circonstances qu’heureusement les entreprises semblent vouloir développer davantage que par le passé. Mais l’arrivée d’une crise qui implique des changements ou des restructurations, ou si le manager hypersensible se retrouve à devoir réprimander ou même licencier, il peut se trouver pris au piège de l’empathie. Ils ont du mal à ignorer les conséquences que leurs actions ont sur les autres. Ils peuvent souffrir de ce que les rapports humains passent de la coopération aux antagonismes. Les hypersensibles ne sont pas très doués pour un style de management du style “après moi le déluge” et risquent leur santé à s’y essayer. En revanche, une fois la crise traversée, les managers hypersensibles peuvent apporter de précieuses contributions à ce que le tissu humain retrouve un équilibre et guérisse du “traumatisme” organisationnel qu’il vient de subir. L’entreprise ou l’organisation retrouve ainsi plus vite un fonctionnement sain au lieu de persister dans une sorte de raideur “post-traumatique”. On peut observer quelque chose de similaire dans le règne animal: Lorsqu’une menace s’approche du troupeau, les individus hypersensibles déclenchent l’alerte avant que les autres animaux ne la perçoivent. Tous se mettent aussitôt en mouvement, y compris ceux qui n’ont pas encore vu le danger. Puis ce sont plutôt les individus non hypersensibles qui vont au-devant de la menace pour protéger les autres. Une fois la menace passée, le troupeau retrouve une configuration plus décontractée. Pour qu’une personne chargée ou d’un poste de management ou y accédant puisse s’adapter à ces différentes circonstances et résoudre les contradictions que cela peut déclencher, l’accompagnement par un coach peut être précieux. Car cela fait surgir en soi beaucoup de questions que l’on ne veut ni poser à son équipe, ni (pour des raisons tout à fait compréhensibles) discuter avec l’échelon supérieur. Dans ce cas, s’adjoindre d’un regard extérieur et neutre est utile.

Alexander Hohmann

Coach Systémique certifié à Freiburg (DE) et en ligne, coach

de vie et coach pour professionnels

Ruhige Achtsamkeit im Park von Versailles

Alexander Hohmann

Coach de vie et coach

pour professionnels

français - allemand - anglais

Les entreprises cherchent aujourd’hui des personnes qui s’investissent consciencieusement, sont créatives, ont un bon feeling pour l’humain et les tendances. Des gens qui mettent leur action au service des projets collectifs de l’organisation au lieu de rechercher d’abord leur avantage personnel. Des gens qui sont capables de nourrir attentivement la cohérence de l’ensemble humain. Peut-être votre entreprise a-t-elle ce genre de talents dans ses murs et ne le sait même pas - parce qu’ils passent plus ou moins inaperçus? Qu’en est-il de l’hypersensibilité au travail et dans les organisations de toutes sortes? Comment les managers peuvent-ils la gérer si elle est présente dans leur équipe? Car 15 à 20% des personnes vous entourant au travail sont hypersensibles - et une bonne partie d’entre eux ne le sait même pas. Peut-être en êtes-vous vous-même? Peut-être est-ce la raison pour laquelle vous lisez ces lignes? Que signifie pour les managers eux-mêmes leur propre hypersensibilité? Vous trouverez ci-dessous des informations spécifiques à l’hypersensibilité dans le contexte du travail et le management. Sur l’hypersensibilité en tant que trait de personnalité en général, vous trouverez des informations supplémentaires sur la page suivante: Coaching pour personnes hypersensibles.

Les hypersensibles au travail -

leurs principales particularités

Tout a ses avantages et ses inconvénients. Cela vaut aussi pour l’hypersensibilité. Il s’agit donc de mettre en place un contexte dans lequel les avantages se déploient au maximum tandis que les inconvénients s’estompent. En mettant en place un cadre favorable, les nombreux trésors cachés de l’hypersensibilité deviennent disponibles pour rendre à l’organisation de précieux services. Quelles particuliarités des hypersensibles les entreprises devraient-elles prendre en compte? Comment y répondre de façon à ce que les personnes hypersensibles puissent mettre à la disposition de l’entreprise l’intégralité de leur potentiel personnel? D’intenses perceptions Les hypersensibles peuvent percevoir les humeurs, courants sous-jacents et tendances avant les autres, en particulier lorsque les nuages s’amoncellent. Puisque le traitement des informations et stimulis afférents prend du temps et de l’énergie, il se peut que dans des réunions, ils seront d’abord des observateurs silencieux. Lorsqu’ils considéreront l’environnement comme digne de confiance, ils s’ouvriront davantage. Laissez-leur (ou laissez- vous) du temps et ne vous fiez pas trop à la première impression. Les hypersensibles peuvent d’abord sembler réservés, voire distants et froid. C’est ainsi qu’ils se protègent. Une fois la confiance établie, ils peuvent se montrer avec toutes leurs chaleur et empathie. Il s’avéreront alors souvent être des collégues attentifs, populaires et appréciés des autres. Créativité et intuition - si valorisées par l’environnement Venant des hypersensibles, on peut s’attendre à des propositions et solutions originales. Mais si ces hypersensibles sont aussi des introvertis, il se peut qu’ils ne proposeront leurs idées que s’ils y sont expressément invités. Dan une réunion, des animateurs sagaces prendront donc la précaution d’inviter aussi les silencieux et les discrets à livre leurs opinions. Car celles-ci pourraient être surprenantes par leurs originalité, créativité et anticipations de nombreux facteurs et besoins à considérer. Il serait donc dommage de s’en priver. Les animateurs de réunion devront d’autant plus se montrer ouvert aux contributions des hypersensibles que l’environnement demeurera encore plutôt dévalorisant (“voilà notre coeur d’artichaut”). Conscience professionnelle Voilà une particularité régulièrement associée à l’hypersensibilité - sans doute aussi parce qu’elle est l’un des cinq traits dans le modèle de personnalitße des “Big Five”. Les hypersensibles donnent souvent la priorité à la cause, l’objectif, l’enjeu collectif plutôt qu’à leur propre ego. (Et ils ont généralement peu de sympathie pour ceux qui font l’inverse.) Cette conscience professionnelle peut induire un perfectionnisme, voire un épuisement. Dans ce cas, il est utile qu’une autre personne leur donne le feedback qu’ils en ont fait bien assez. Les employeurs devraient considérer ceci: dans la recherche psychologique, être consciencieux s’avère être la trait qui prédit avec le plus de fiabilité le succès professionnel d’une personne. Un sens aigu des besoins qu’ont les autres favorise la résilience du groupe et de l’organisation, en particulier dans les phases de changement L’évolution a probablement fait surgir l’hypersensibilité dans autant d’espèces animales pour que ces individus détectent les risques, dangers et opportunités de façon précoce en améliorent ainsi la survie du groupe. Les hypersensibles sont souvent les premiers à se rendre compte qu’un groupe part dans une direction erronée ou file un mauvais coton. Ils pourront ainsi avertir les autres à un moment où les défis qui surviennent sont encore faciles à résoudre - si on veut bien les entendre. Ainsi s’accroît la résilience du groupe, de l’équipe ou de l’organisation dans son ensemble. Le danger pour les hypersensibles peut être qu’ils perdent leurs propres besoin de vue. Il faut alors paradoxalement leur rappeler qu’ils en ont, eux aussi, et qu’ils sont en droit de les avoir. Un bon sens de l’écoute favorise la satisfaction des clients et le chiffre d’affaires Les hypersensibles peuvent reconnaître des besoins au-delà de leur propre groupe. Même s’ils sont rarement faits pour les métiers de vente “dure”, ils peuvent intervenir ensuite et saisir les besoins des clients - y compris ceux dont ces clients eux-mêmes ne sont peut-être pas encore conscients. L’avantage: ils peuvent mieux cerner la demande des clients et élaborer avec eux un cahier des charges au plus près des attentes véritables. Cela accroît la réussite des projets, puisque les hypersensibles tendent vers un résultat dans lequel les clients se sentiront compris. Cela se retrouvera ensuite dans le chiffre d’affaires et la bonne réputation de l’entreprise. Plus généralement, les hypersensibles pourront apporter une qualité supplémentaire à tous les métiers requérant des interactions attentives avec d’autres personnes et une certaine empathie, à commencer avec les métiers de soin et de thérapie ou la gestion des ressources humaines. Intégration de différentes perspectives et opinions Les hypersensibles apportent une aptitude devenue trop rare par les temps qui courent. Ils peuvent rester ouverts aux opinions et perspectives multiples des autres et les prendre en considération. Même si critiquer une personne hypersensible peut profondément l’atteindre, leur ego est rarement trop grand pour les empêcher de reconnaître une erreur ou occulter les opinions d’autruit. Il se peut bien que l’hypersensibilité dispose d’un assez bon système immunitaire contre les polarisations simplificatrices. Les tâches qui impliquent de considérer et d’intégrer les points de vue multiples leur vont donc plutôt bien. Planification et aversion aux risques Les hypersensibles sont généralement réservés vis-à-vis de la prise de risques. Cela étant dit, il faut dire que ce sont surtout les risques non planifiés qu’ils évitent. Si on leur laisse le temps et l’occasion de mettre en face des risques et changements une planification qui permette en particulier de les découper en plusieurs étapes, ils iront aussi loin que les autres dans le changement s’il le faut. Les hypersensibles sont souvent de bons planificateurs. Par leur sens de la prévoyance, ils anticipent des éventualités auxquelles les autres ne pensent pas. Il est de bon conseil de confier des tâches de planification à des personnes hypersensibles, ou du moins de veiller à ce que des personnes hypersensibles fassent partie de l’équipe planificatrice. Les répits entre les différentes étapes sont autant de moments utiles pour l’équipe de valider ce qui a été fait jusque-là et décider d’ajustements pertinents. Les méthodes dites “agiles” prévoient de toute façon ces interludes. En particulier, la gestion des risques gagnera en qualité - du moins si la culture d’entreprise (celle qui est effectivement vécue au quotidien, pas celle qui figure dans la communication officiel de l’entreprise) valorise les voix discordantes et ne les discrédite pas en tant qu’”esprits chagrins”. Par exemple, la crise financière qui débuta en 2007 était en premier lieu une crise de la gestion des risques. L’issue montre que ceux qui avertissaient des risques encourus avaient raison. On ne les écouta pas et préféra leur reprocher de vouloir empêcher les gains financiers escomptés. Conflits et compétition Les hypersensibles sont mal à l’aise lorsque la situation ou la culture de l’organisation favorisent la concurrence et donc les conflits d’égocentrismes. Des situations pareillement tendues causent des stimulations nerveuses qui peuvent les paralyser. Une bonne partie de leurs capacités s’en trouve freinée. L’environnement de travail influe beaucoup Pour la plupart des hypersensibles, la tendance aux grands espaces de travail et au “flex office” est une mauvaise nouvelle. (Cet environnement est d’ailleurs inadapté aussi aux introvertis, comme l’écrit Susan Cain dans son classique sur les introvertis, “La Force des Discrets”.) Lorsqu’il y a beaucoup de mouvement et de bruits dans la pièce, ils ne pourront pas bien se fermer aux distractions que cela cause. Une lumière trop forte ou trop froide peut également leur causer des difficultés. Lorsqu’il n’est pas possible de mettre à disposition des pièces plus petites ou individuelles, les entreprises peuvent tout du moins séparer ceux qui travaillent en silence des autres et exiger que les conversations téléphoniques aient lieu en-dehors du bureau collectif. Si une personne hypersensible se sent continûment mal à l’aise dans son environnement de travail, elle devrait en parler à ses supérieurs. Eventuellement il faudra rechercher un nouveau travail plus adéquat. Manque d’estime de soi et de confiance en soi Manquer de confiance en soi et d’estime de soi est très courant parmi les hypersensibles, même si cela tend à s’estomper avec l’âge. Lorsque la personne hypersensitive a trouvé sa voie ou sa place, les choses deviennent nettement plus faciles. Nous vivons dans des sociétés qui tendent encore à considérer comme une faiblesse de ne pas avoir un gros “ego”. On peut même se voir traiter de faible ou subir des harcèlements. L’entreprise peut receler des souffrances silencieuses. Mieux vaut les déceler et les aborder, ne fût-ce que pour des raisons de gestion de la santé, mais aussi tout simplement pour des raisons d’humanité. Et les entreprises bénéficieront davantage des personnes qui se consacrent aux projets et buts de l’organisation que de celles qui utilisent l’entreprise à leurs propres fins individuelles. Besoin de s’isoler de temps en temps, importance des pauses Les personnes hypersensibles ont besoin de pauses pour que leur cerveau puisse traiter les informations et stimuli accumulés. Car si elles arrivent à saturation, elles perdront leur productivité et créativité. Les réunions interminables par exemple sont un bon moyen d’arriver à une telle saturation, même si la personne ne fait qu’écouter. C’est pourquoi les pauses régulières sont importantes et doivent faire partie de l’hygiène de vie des hypersensibles. L’organisation aidera ces personnes en mettant à disposition une pièce ou un espace de tranquillité. Tout est interconnecté - le grand Tout Les hypersensibles observent leur environnement et tentent de le comprendre. Cela veut dire aussi qu’ils observent des interconnexions qui se trouvent au-delà de leur propre poste de travail et qui échappent à d’autres. Cela peut les qualifier pour des postes interdisciplinaires ou des fonctions transversales. Si une personnes hypersensible d’un autre service vous suggère une amélioration, ne vous défendez pas contre une supposée immixtion, car cette personne cherche non pas à nuire ou à remettre en question, mais à être utile aux autres. Les hypersensibles ont souvent un sens profond des interconnexions entre les humains et le monde. En ces temps ou l’on réclame souvent plus de “sens” dans le travail et l’organisation, pourquoi ne pas demander son avis à une personne hypersensible?

L’hypersensibilité est-elle

compatible avec des fonctions

managériales?

D’abord les évidences: Il n’existe pas de réponse claire à cette question. Car chaque cas est la rencontre entre un personnalité unique et une situation unique. Et il existe encore très peu de recherche scientifique sur la question. Une personne hypersensible qui crée une organisation et la dirige peut ainsi lui donner une empreinte très personnelle et s’y sentir bien et s’y développer pleinement. En revanche, le management en position de “sandwich” entre la direction et le personnel peut être difficile à vivre. Car il faut gérer des exigences et des besoins en partie contradictoires provenant des deux côtés. Les hypersensibles ont souvent un besoin inné d’équilibre et de conciliation dans leur contexte humain, alors qu’en position de management, ils peuvent se retrouver face à des positions incompatibles et même irréconciliables. Ils doivent par exemple appliquer des “ordres d’en haut” qu’ils peuvent percevoir comme iniques ou dont ils voient le coût humain. Cela peut profondément les accabler. Peut-être la règle concernant l’enfance vaut- elle ici aussi, qui dit que les hypersensibles peuvent s’épanouir plus que d’autres dans un environnement positif et stable, mais être affectés plus que les autres dans un contexte qui véhicule beaucoup de stress négatif et de conflits. (“Vantage Sensitivity”) Un manager hypersensible apporte de bonnes aptitudes pour un contexte qui est assez stable et dans lequel les relations humaines sont importantes et valorisées. Ce sont là des circonstances qu’heureusement les entreprises semblent vouloir développer davantage que par le passé. Mais l’arrivée d’une crise qui implique des changements ou des restructurations, ou si le manager hypersensible se retrouve à devoir réprimander ou même licencier, il peut se trouver pris au piège de l’empathie. Ils ont du mal à ignorer les conséquences que leurs actions ont sur les autres. Ils peuvent souffrir de ce que les rapports humains passent de la coopération aux antagonismes. Les hypersensibles ne sont pas très doués pour un style de management du style “après moi le déluge” et risquent leur santé à s’y essayer. En revanche, une fois la crise traversée, les managers hypersensibles peuvent apporter de précieuses contributions à ce que le tissu humain retrouve un équilibre et guérisse du “traumatisme” organisationnel qu’il vient de subir. L’entreprise ou l’organisation retrouve ainsi plus vite un fonctionnement sain au lieu de persister dans une sorte de raideur “post- traumatique”. On peut observer quelque chose de similaire dans le règne animal: Lorsqu’une menace s’approche du troupeau, les individus hypersensibles déclenchent l’alerte avant que les autres animaux ne la perçoivent. Tous se mettent aussitôt en mouvement, y compris ceux qui n’ont pas encore vu le danger. Puis ce sont plutôt les individus non hypersensibles qui vont au-devant de la menace pour protéger les autres. Une fois la menace passée, le troupeau retrouve une configuration plus décontractée. Pour qu’une personne chargée ou d’un poste de management ou y accédant puisse s’adapter à ces différentes circonstances et résoudre les contradictions que cela peut déclencher, l’accompagnement par un coach peut être précieux. Car cela fait surgir en soi beaucoup de questions que l’on ne veut ni poser à son équipe, ni (pour des raisons tout à fait compréhensibles) discuter avec l’échelon supérieur. Dans ce cas, s’adjoindre d’un regard extérieur et neutre est utile.
Hypersensibilité, travail, organisation, management, leadership

Hypersensibilité, travail,

organisation, encadrement